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Pegging : ce que c'est, et ce qu'il faut pour commencer

 

Il y a des mots qu'on entend deux ou trois fois, dans une série, dans une conversation qui dérape gentiment, et qu'on n'ose jamais faire répéter. Le pegging fait partie de ceux-là : assez répandu pour circuler, assez tabou pour que personne ne demande ce qu'il recouvre exactement.

Voici ce que c'est, ce que ça demande comme matériel, et les chiffres qui décident du reste. Rien d'acrobatique, et surtout rien qui exige de l'expérience préalable.

Ce que le pegging est, et ce qu'il n'est pas

Le pegging désigne la pénétration anale d'un homme par sa partenaire, équipée d'un gode ceinture. Le terme vient de l'anglais et s'est imposé faute d'équivalent français courant. Il ne décrit aucune technique particulière, seulement cette configuration : c'est elle qui porte le nom, pas une manière de faire.

Ce n'est pas une pratique BDSM, même si elle croise parfois les jeux de rôle et l'échange de contrôle. Ce n'est pas davantage un indicateur d'orientation : la prostate se trouve au même endroit chez tout le monde, et ce qu'elle procure ne dit rien de qui l'on désire. Le point revient si souvent qu'il vaut d'être écrit une bonne fois.

Pourquoi ça fonctionne : la prostate en deux phrases

La prostate est une glande de la taille d'une châtaigne, située à cinq ou six centimètres de l'entrée, du côté du ventre. Elle est dense en terminaisons nerveuses, ce qui explique une sensation ample, plus diffuse et plus lente à monter qu'une stimulation externe.

Conséquence pratique : l'angle compte plus que la profondeur. Un accessoire court et bien orienté fait mieux qu'un accessoire long tenu droit. Ce n'est pas un hasard si les stimulateurs de prostate sont presque tous courbés, et si les modèles de pegging les plus confortables sont rarement les plus longs.

Le matériel que le pegging demande vraiment

Trois formules existent, et le choix entre elles décide surtout du budget et de la marge d'évolution.

  • Le modèle complet : harnais et pièce ensemble, prêt à porter. C'est le point de départ le plus simple quand rien n'est encore à la maison, et le moins cher.
  • Le harnais seul, plus la pièce de son choix : on achète les deux séparément, on change de format quand on veut. Les harnais pour gode ceinture se règlent à la taille et aux cuisses, et leur anneau décide de ce qu'on pourra y monter.
  • Le modèle sans sangle : une extrémité bulbeuse reste en place chez la personne qui porte, l'autre revient au partenaire. Les godes ceinture sans harnais se mettent en place en un geste, mais tiennent moins fermement dès que le rythme s'accélère.

Un mot sur l'anneau, parce que c'est là que les achats se ratent : il doit être un peu plus étroit que la base évasée de la pièce montée, sinon elle traverse. Les jeux d'anneaux du marché tournent autour de trois tailles, environ 3, 4 et 5 centimètres, et les harnais qui les fournissent tous les trois sont les plus polyvalents.

Choisir la taille pour le pegging : des chiffres, pas des adjectifs

Les fiches produit alignent volontiers « intense » et « généreux », qui ne se vérifient nulle part. Deux chiffres suffisent, et ils figurent sur chaque fiche sérieuse.

DiamètreLongueur insérablePour qui
2,5 à 3 cm10 à 12 cmPremière fois, sans hésitation
3 à 3,5 cm12 à 14 cmAprès quelques essais confortables
3,5 à 4 cm14 à 16 cmPratique installée, et seulement si l'envie vient du receveur

Le diamètre est le chiffre qui compte, très loin devant la longueur. Un centimètre de plus en diamètre change tout ; trois centimètres de plus en longueur ne changent presque rien, sinon la marge d'erreur. Sur la matière, le silicone reste le choix raisonnable parce qu'il n'est pas poreux : le détail est développé dans notre article sur le silicone, le verre et l'acier.

Le lubrifiant n'est pas un accessoire

Le rectum ne produit aucune lubrification. Ce n'est pas une question de désir ou de détente, c'est de l'anatomie : sans apport extérieur, il n'y a rien. Un lubrifiant à base d'eau en quantité franche, renouvelée pendant, n'est donc pas un confort mais une condition.

Deux précisions qui évitent des dégâts. Un lubrifiant silicone attaque la surface d'un jouet en silicone avec le temps : sur du pegging, la base eau s'impose d'elle-même. Et si l'accessoire circule entre deux usages ou entre deux personnes, un préservatif déroulé dessus règle la question du nettoyage en une seconde.

La première fois : le rythme, et rien d'autre

Ce qui rate une première fois n'est presque jamais la taille de l'accessoire. C'est la vitesse. Le sphincter externe est volontaire, l'interne ne l'est pas : il cède quand la personne se détend, pas quand on pousse. Toute la préparation consiste à lui laisser le temps.

Dans l'ordre, sans en sauter : commencer par les doigts, généreusement lubrifiés ; laisser le receveur guider la pénétration en avançant lui-même vers l'accessoire plutôt que l'inverse ; rester immobile quelques secondes une fois entré ; puis un rythme lent, court, sans à-coups. Un plug anal de petit diamètre porté quelques minutes avant est un raccourci honnête, et beaucoup de couples s'en servent uniquement pour ça.

Côté hygiène, une douche et un savon doux suffisent dans l'immense majorité des cas. Le rayon hygiène et préparation existe pour ceux qui veulent aller plus loin, mais rien n'oblige à en passer par là pour commencer.

Ce qui se décide avant, à deux

Le pegging inverse une distribution des rôles à laquelle un couple ne s'était souvent jamais posé la question. C'est précisément ce qui le rend intéressant, et ce qui demande d'en parler avant plutôt que pendant.

Trois choses valent d'être dites à l'avance : qui décide de l'arrêt (la réponse est : le receveur, à tout moment, sans avoir à se justifier), ce qu'on essaie ce soir-là et ce qu'on n'essaie pas, et ce qu'on fera si ça ne marche pas, ce qui arrive souvent la première fois et n'a aucune importance. Si la conversation coince avant même de commencer, notre article sur la difficulté à dire ses envies traite exactement de ce blocage.

Les erreurs qui reviennent

  • Acheter trop grand pour se rassurer. Le premier achat trop volumineux finit au fond d'un tiroir, et l'expérience s'arrête là.
  • Lésiner sur le lubrifiant. C'est la cause numéro un des premières fois ratées, très loin devant tout le reste.
  • Choisir un harnais sur la photo. Un harnais mal ajusté glisse et rend l'ensemble inutilisable, quelle que soit la qualité de la pièce montée. La plage de réglage se lit en centimètres, pas en tailles annoncées.
  • Vouloir que la première fois ressemble à quelque chose. Elle sert à trouver l'angle et le rythme. Le reste vient après, ou ne vient pas, et c'est une réponse valable.

Ce qu'il faut retenir

Le pegging demande trois choses : un accessoire dont le diamètre reste modeste, un harnais qui tient réellement, et beaucoup plus de lubrifiant que ce qu'on imagine. Tout le reste est affaire de rythme et de conversation. Pour composer un ensemble, les modèles complets sont dans les godes ceinture, et les jouets de couple rassemblent ce qui se joue à deux.

Questions fréquentes sur le pegging

Le pegging fait-il mal ?

Non, s'il est mené lentement et abondamment lubrifié. Une douleur n'est pas une étape à franchir : c'est le signal qu'il faut ralentir, ajouter du lubrifiant, ou s'arrêter pour ce soir. Rien ne se gagne à insister.

Faut-il un accessoire spécial, ou un gode ordinaire suffit-il ?

Il faut une base évasée, et ce point n'est pas négociable pour un usage anal. Une base large empêche l'accessoire de partir trop loin, et c'est aussi elle qui permet de le monter dans l'anneau d'un harnais.

Combien de temps dure la préparation ?

Entre cinq et quinze minutes la première fois, beaucoup moins ensuite. Ce temps n'est pas une formalité à expédier, c'est ce qui décide du confort de tout le reste.

Le pegging dit-il quelque chose de l'orientation sexuelle de celui qui reçoit ?

Rien du tout. La prostate est une glande, pas une déclaration. Beaucoup d'hommes hétérosexuels en couple pratiquent le pegging précisément parce que la sensation n'existe pas ailleurs.

Peut-on faire du pegging sans harnais ?

Oui, avec un modèle sans sangle tenu par la personne qui porte. Le maintien est moins ferme, mais la mise en place est immédiate, et beaucoup de couples commencent ainsi avant d'ajouter un harnais.

 
Publié dans: Vie de couple

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