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Sécheresse intime : les causes, et ce qui change vraiment quelque chose

 

C'est un sujet dont on parle peu et qui concerne beaucoup de monde, à tous les âges. Et c'est surtout un sujet sur lequel le premier réflexe est le mauvais : chercher une explication du côté du désir, alors que la cause est presque toujours ailleurs.

Voici ce qui provoque réellement une sécheresse, pourquoi l'envie n'y est souvent pour rien, la différence entre lubrifier et hydrater, et comment choisir une formule qui n'aggrave pas ce qu'elle est censée régler.

Ce que le corps fait, et quand il ne le fait plus

La lubrification est une réponse physiologique à l'excitation. Elle dépend de l'afflux sanguin vers les tissus, lui-même sensible au niveau d'oestrogènes. Ce n'est pas un baromètre du désir : on peut avoir très envie et rester sec, l'inverse existe aussi, et confondre les deux est la source de beaucoup de malentendus inutiles dans les couples.

Les causes les plus courantes n'ont rien de mystérieux.

  • Les variations hormonales : après un accouchement, pendant l'allaitement, à l'approche et après la ménopause.
  • Certains médicaments, dont plusieurs contraceptifs hormonaux, des antihistaminiques, des antidépresseurs.
  • Le temps d'excitation, tout simplement : le corps demande souvent plus de temps que le scénario ne lui en laisse.
  • Une toilette trop agressive, savons parfumés et douches internes en tête, qui décapent une flore qui protégeait.
  • Le stress, la fatigue, le tabac.

Une sécheresse installée, une douleur pendant les rapports ou des saignements sortent de ce cadre et se disent en consultation. Il existe des réponses médicales, y compris locales, et elles ne se trouvent pas dans une boutique.

Lubrifier n'est pas hydrater

Deux produits, deux logiques, et une confusion fréquente.

Un lubrifiant agit sur le moment. On l'applique, il réduit les frottements, il se rince. Il ne modifie rien à l'état des tissus.

Un hydratant intime s'utilise en cure, en dehors des rapports, quelques fois par semaine. Il vise l'état de la muqueuse dans la durée. Les deux ne s'opposent pas et s'utilisent souvent ensemble, mais attendre d'un lubrifiant qu'il traite une sécheresse de fond revient à attendre d'un parapluie qu'il arrête la pluie.

Trois familles, trois usages

Le rayon des lubrifiants tient en trois familles, et le choix se fait sur l'usage plutôt que sur le prix.

Base eauBase siliconeBase eau enrichie
TenueSe réactive avec un peu d'eau, à renouvelerTrès longue, sans y revenirComparable à la base eau
PréservatifCompatibleCompatibleCompatible
Jouet en siliconeCompatibleÀ éviter, dégrade la surfaceCompatible
RinçageEau claireSavon nécessaireEau claire
Pour quiL'usage courantLongues séances, milieu humideSécheresse marquée, muqueuse fragile

La troisième colonne mérite un mot. Certaines formules à base d'eau ajoutent de l'acide hyaluronique ou du panthénol, deux composants choisis pour leur effet sur le confort de la muqueuse plutôt que pour le simple glissement. On les trouve en rayon dans des contenances de 100 à 250 ml, et c'est vers elles qu'on se tourne quand un lubrifiant classique ne suffit plus.

Lire une étiquette

Trois mentions valent le détour, et elles figurent toutes sur le flacon.

Sans parfum. Les parfums sont la première cause d'irritation sur une muqueuse déjà fragilisée, et ils n'apportent rien. Même remarque pour les formules chauffantes ou picotantes, qui sont exactement ce qu'il ne faut pas quand ça tiraille.

La glycérine. Présente dans beaucoup de formules à base d'eau, elle est parfaitement tolérée par la plupart des gens. Chez les personnes sujettes aux mycoses à répétition, une formule qui s'en passe est un choix plus prudent.

Le format. Nos contenances vont de 15 ml à 1000 ml, et la plus courante est le flacon de 250 ml. Pour un premier essai, un petit format évite de se retrouver avec un litre d'un produit qui ne convient pas.

Ce qui ne coûte rien et change beaucoup

Avant même la question du produit, deux réglages font souvent l'essentiel du travail.

Le premier est le temps. Le corps met plus de temps que ce que les scénarios laissent croire, et une sécheresse est très souvent une excitation interrompue trop tôt plutôt qu'un problème de tissus.

Le second est la toilette. Un savon doux, à l'extérieur uniquement, et rien d'autre. Les produits parfumés et les rinçages internes détruisent une flore qui protégeait, et créent le problème qu'ils prétendent traiter. Le rayon lubrifiants et cosmétiques réunit les formules pensées pour cette zone, ce qui n'est pas le cas d'un gel douche ordinaire.

Un dernier point pratique : si vous utilisez des préservatifs, les corps gras leur sont interdits. Vaseline, huile de coco et huiles de massage dégradent le latex en quelques minutes.

Ce qu'il faut retenir

  • La lubrification dépend des hormones et du temps d'excitation, pas du niveau de désir.
  • Un lubrifiant agit sur le moment, un hydratant intime travaille dans la durée.
  • Base eau pour l'usage courant, silicone pour tenir longtemps mais jamais sur un jouet en silicone.
  • Sans parfum, et sans effet chauffant quand la muqueuse est fragilisée.
  • Une douleur, un saignement ou une sécheresse qui s'installe se disent en consultation.

Questions fréquentes

Utiliser un lubrifiant, est-ce que ça veut dire qu'il y a un problème ?

Non, et cette idée fait beaucoup de dégâts. Le lubrifiant est un confort, pas un aveu : il est d'ailleurs utilisé par des gens qui n'ont aucune sécheresse, simplement parce que c'est plus agréable et que ça permet de durer plus longtemps.

Est-ce que ça veut dire que je n'ai plus de désir pour mon partenaire ?

Rien ne permet de le déduire. Les deux phénomènes sont commandés par des mécanismes distincts, et la lubrification dépend de facteurs hormonaux, médicamenteux et physiologiques sur lesquels l'affection n'a pas de prise.

Peut-on utiliser une huile végétale ?

Sur la peau oui, à l'intérieur c'est déconseillé : les corps gras se rincent mal, favorisent les déséquilibres de la flore, et détruisent le latex des préservatifs. Une formule prévue pour cet usage coûte quelques euros.

La sécheresse après un accouchement est-elle normale ?

Elle est très fréquente pendant l'allaitement, pour des raisons hormonales, et elle est temporaire. Nous détaillons cette période dans notre article sur le périnée après un accouchement.

Et à la ménopause ?

Les causes sont les mêmes mais elles s'installent au lieu de passer, et la prise en charge n'est pas la même. C'est le sujet de notre article sur la ménopause et la sexualité, qui détaille ce que la baisse hormonale modifie et ce qui existe comme réponses. La règle générale ne change pas pour autant : une gêne qui s'installe se dit à un médecin, quel que soit l'âge auquel elle apparaît.

 
Publié dans: Santé intime

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